Spiritualité, religion, quelle différence?

Lorsque quelqu’un me demande ce qui me passionne et que je mentionne la spiritualité, du moins, où je vis au Québec, plusieurs ont peut-être à l’esprit leurs cours de catéchèse à l’école primaire ou pourraient penser que je vais à la messe le dimanche…?

En fait, dans l’imaginaire collectif, la spiritualité est beaucoup associée à la religion. Ces dernières sont deux choses liées, mais bien distinctes. Parlant de « lien », afin de bien distinguer les deux concepts, référons-nous à l’origine du mot religion. Il existe plusieurs interprétations étymologiques, toutefois celle qui me parle le plus c’est que religion provienne du verbe latin « religare » qui signifie « relier » ou « attacher ». « La relation entre l’homme et son Dieu », tel que le définissait le célèbre linguiste français Émile Benveniste. Enfin, je parle plutôt de « lien » de manière plus générale, du moins, référant à une entité à l’extérieur de nous, à laquelle se relier.

Or, quand je parle de spiritualité, c’est à mon sens une expérience intérieure avant tout. Ça peut être aussi simple que de contempler un coucher de soleil ou un ciel étoilé et se sentir uni avec tout ce qui existe, à plus grand. J’ai cette citation de Deepak Chopra qui me vient, soit : « La religion, c’est de croire en l’expérience de quelqu’un d’autre… La spiritualité, c’est de vivre sa propre expérience […]. » et surtout la capacité de donner un sens aux événements de la vie. » Mieux que ça, le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik précise : “La spiritualité, c’est la capacité à donner du sens à sa vie, à trouver de la joie dans l’instant présent, à être en paix avec soi-même et avec le monde qui nous entoure.” Je l’adore celle-là.

Et quand on parle du monde qui nous entoure, c’est à ça que je vois une certaine forme de « religion » de lien, d’un point de vue évolutif, aux personnes qui nous entourent, à plus grand que soi, au NOUS. C’est notre contribution au grand Plan, ce qui donne un sens à notre existence, ce qui est sacré. Dans « sacré » j’entends l’Universel, ce qui nous dépasse, le mystère qui nous touche tous. Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, parle de la religion comme ce qui réunit des individus autour de croyances qui les rassemblent, d’une gestion collective du sacré. N’avez-vous pas l’impression comme moi que l’humanité est en profonde quête de sens, de sacré? Quelle place a le sacré aujourd’hui dans notre société? Qu’est-ce qui est sacré pour vous et qui ne vient pas de l’extérieur?

Ces dernières années, avec tous les changements dans notre mode de vie, par exemple, aux niveaux social et technologique, dans le fait que nous soyons en permanence connectés au monde entier, sans compter les avancées du transhumanisme et de l’intelligence artificielle, cela pourrait laisser présager que, pour conserver un certain équilibre, il serait essentiel de se prémunir d’un « supplément d’âme ». D’où l’importance du retour à soi, à la découverte de ce qui est sacré pour soi et ce qui donne un sens à son existence pour cultiver non seulement la joie, mais la paix au quotidien.

Heureusement, ces dernières années, cette quête de sens a fait en sorte que nous assistons à un certain éveil à la spiritualité, à la recherche de réponses à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur, sur lequel on a souvent peu de pouvoir, pour la reprise de notre propre pouvoir. Plusieurs ont de grandes prises de conscience, ou se sentent perdus, ont besoin d’exprimer ce qu’ils vivent pour mieux comprendre et trouver un sens à leurs sentis et ne savent pas vers qui se tourner. C’est pour cette mission que j’ai choisi d’œuvrer. C’est pourquoi il est primordial pour moi que la spiritualité fasse partie de mon approche de retour à soi, puisque, comme le mentionnait Lenoir, elle a pour but de nous transformer, nous amener à nous améliorer, comprendre et grandir. Et la vie est tellement plus facile lorsqu’on est en mesure de trouver un fil conducteur à son existence, ce qu’on est venu incarner. Et ça commence par aller à sa propre rencontre, seul ou bien accompagné, à l’intérieur de soi, où on y aura toujours accès. ©